Protection animale : le Président de Maxi Zoo France s’exprime sur sa prise de position pour la cause animale

Protection animale :
Jan Wejbrandt, Président de Maxi Zoo France, s’exprime sur sa prise de position pour la cause animale.

89 % des Français jugent la cause animale importante. C’est le résultat de la dernière étude de l’observatoire Politique et Animaux menée sur le sujet. Le bien-être animal est devenu un véritable enjeu de société et les Français attendent de vrais engagements de la part des marques. De nombreuses associations se mobilisent, tout comme certains parlementaires et acteurs du marché, pour faire évoluer les lois et les pratiques. Jan Wejbrandt réagit à ces attentes sociétales

Les mobilisations sont croissantes pour l’interdiction de vente d’animaux en animalerie, comme le montre la dernière campagne en date de la SPA, mais également l’article 6* du rapport parlementaire du député Loïc Dombreval sur le bien-être animal, remis au gouvernement. Comment vous positionnez-vous en tant qu’animalerie ?

« Depuis 2014, Maxi Zoo a décidé de ne plus vendre de chiots ni de chatons dans ses magasins. Nous étions les premiers à prendre cette décision, qui, à l’époque, n’avait pas fait l’unanimité auprès de la profession, ni des clients, mais nous étions convaincus que c’était la meilleure décision à prendre pour préserver le bien-être animal. En effet, les semaines ou mois passés avec leurs congénères sont cruciaux pour leur développement et leur sociabilisation future. Un chiot ou un chaton bien sociabilisé est un animal qui sera plus équilibré.

Lorsqu’un client émet le souhait d’adopter un compagnon, nous l’orientons soit vers des éleveurs professionnels soit vers des refuges. Mais je tiens à souligner qu’il faut distinguer la vente de chiots ou chatons en animalerie de la vente de poissons ou de rongeurs par exemple.

Il est difficile de vendre des poissons ailleurs qu’en animalerie et autrement que dans un aquarium. Si les éleveurs ne sont pas suffisamment présents dans tous les départements, il est fort probable que des filières parallèles étrangères se développent, et avec elles, des dérives potentielles comme la non prise en compte des besoins physiologiques de l’animal. Les clients iraient-ils tous chez des éleveurs agréés ? Ces éleveurs sont-ils en capacité de répondre à toutes les demandes, sans nuire au bien-être animal ? Ces questions méritent d’être posées et étudiées ».

La question des achats « coup de cœur » est également posée, suspectés de provoquer les abandons. Comment l’enseigne Maxi Zoo agit-elle sur ce point ?

« La France détient le triste record européen avec plus de 100 000 abandons connus par an. Le rapport de Loïc Dombreval parle même de près de 300 000 abandons par an. La dernière campagne de la SPA pointe du doigt les adoptions en ligne, susceptibles de provoquer des achats coup de coeur, sans réelle prise en compte des contraintes inhérentes à l’adoption d’un animal de compagnie. Nous sommes totalement en phase avec cette vision.

Chez Maxi Zoo, dans une quarantaine de nos magasins, nous vendons des rongeurs, des poissons ou des reptiles. Nous accordons la possibilité à nos équipes de refuser l’adoption si elles pensent que celle-ci n’est pas réfléchie, que l’animal ne sera pas bien dans son nouvel environnement ou qu’un risque de négligence ou maltraitance existe. Dans la même dynamique, aucune promotion ou opération commerciale n’est réalisée en magasin pour pousser à l’achat d’un animal afin d’éviter les achats « coup de coeur ».

Pensez-vous que la France a un retard par rapport à d’autres pays de l’Union Européenne sur le bien-être animal ?

« La France dispose d’un arsenal juridique qui s’étoffe régulièrement. L’opinion publique, les différents acteurs du marché et les associations travaillent ensemble pour améliorer les pratiques, toujours dans l’objectif d’améliorer le bien-être animal. Les propositions de loi* comme celles du député Loïc Dombreval vont sans nul doute faire progresser la cause. Nous pourrions toujours faire plus vite, mais le principal reste d’avancer dans tous les cas, petit à petit, grâce à un travail collaboratif entre tous les acteurs. Maxi Zoo s’y engage et s’y emploie au quotidien ».

* Dans l’article 6 du rapport de Loïc Dombreval remis au gouvernement, il est noté, outre des conditions de présentation au public qui peuvent également entraîner des défauts comportementaux, de nombreuses modalités d’offre de cession encouragent les achats d’impulsion. Des promotions, des soldes et primes à la quantité, les foires aux chiots ou aux chatons en sont l’exemple le plus frappant. La présentation non maîtrisée en animalerie ou des annonces publiées sans contrôle peuvent aussi induire de tels achats d’impulsion. L’objet de la présente proposition est aussi de dénoncer le grand paradoxe qui existe entre la reconnaissance du caractère d’être sensible de l’animal et sa réification commerciale.

Publié sur 02.11.2020